Etats-Unis : Greenpeace poursuivie en justice par Energy Transfer pour diffamation et incitation à la violence lors des manifestations contre le Dakota access pipeline
"Poursuivie par l’exploitant d’un oléoduc géant, Greenpeace pourrait bien disparaître aux États-Unis", 24 février 2025
300 millions de dollars (287 millions d’euros). C’est la somme faramineuse que pourrait devoir Greenpeace au groupe Energy Transfer. La multinationale poursuit l’ONG environnementale en justice pour diffamation et incitation à la violence. En cause : de larges manifestations, organisées entre avril 2016 et février 2017, pour empêcher la construction d’un tronçon du Dakota access pipeline, un oléoduc de 1 800 kilomètres voué à transporter du pétrole brut de l’État Dakota du Nord jusqu’à celui de l’Illinois.
Le projet avait suscité la colère de nombreux défenseurs de l’environnement, mais aussi de la tribu autochtone Sioux de Standing Rock, qui craignait notamment que l’oléoduc ne contamine leurs réserves d’eau potable. Plus de 300 tribus s’étaient mobilisées pour les soutenir. En vain. Les manifestations se sont soldées par une vague d’arrestations et des centaines de blessés. Et le projet, un temps mis à l’arrêt, a été relancé par Donald Trump lors de son premier mandat, entrant finalement en service en avril 2017.
Le procès contre Greenpeace s’est ouvert ce lundi 24 février 2025, à Mandan, petite ville du Dakota du Nord...L’ONG est accusée d’être l’instigatrice de cette mobilisation. Ce qu’elle conteste formellement. Ces actions étaient « pacifiques, légales et conformes à nos valeurs. Nous étions des alliés, en aucun cas les organisateurs »...« Ils n’ont pas respecté la loi, martèle de son côté Energy Transfer. Il ne s’agit pas de liberté d’expression. »
L’ONG dénonce pourtant « un cas d’école de procédure bâillon », destinée à « réduire au silence » les activistes, en les asphyxiant financièrement pour les « pousser à faire faillite ». Une telle amende pourrait conduire à la fermeture du bureau américain de Greenpeace. Et créer un « précédent dangereux », anticipe Deepa Padmanabha, conseillère juridique...