France : Ouverture du procès en diffamation contre 3 journaux et 2 ONGs par Socfin et sa filiale, toutes deux liées au groupe Bolloré

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29 January 2018

Procès-bâillon contre ReAct, Sherpa, Mediapart, l'Obs et Le Point : Bolloré K.O dès le 1er round

Auteur: Natondi K. et Ndam Njoya Nzoméné, Cameroon Voice

..[L]e parquet de Paris a requis la relaxe des médias et ONG poursuivis en diffamation par la Socfin, pour avoir fait état en avril 2015 d'accaparements de terres des riverains camerounais à travers sa filiale camerounaise Socapalm, pour ses plantations de palmiers à huile et d'hévéas.

Quoique la procureure ait estimé que la plupart des propos litigieux étaient diffamatoires, elle a néanmoins requis la relaxe des prévenus, affirmant qu'ils avaient agi de bonne foi. 

...«La Socapalm et Bolloré sont des puissances économiques qui doivent accepter la critique, ou de voir leurs actions remises en cause», a affirmé la magistrate, expliquant par ailleurs que si les prévenus n'ont pas apporté la preuve de la "vérité" de leurs allégations, des revendications des paysans, ils disposaient d'une base suffisante pour les relayer. En l'occurrence les nombreux rapports d'ONG dans les pays concernés, ou l'existence, en ce qui  concerne le Cameroun, d'une tentative de médiation en 2013 entre le groupe Bolloré et Sherpa sous l'égide du "Point de contact français" de l'OCDE, ainsi que les manifestations d'avril 2015.

...[C]e ne sont pas les ONG et les médias poursuivis qui ont inventé l'accaparement des terre pour l'accoler aux pratiques du groupe Bolloré, mais..[l'] "Alliance Internationale des Riverains des Plantations Socfin Bolloré"...qui a parlé d'accaparement pour qualifier le fait que  6000 personnes aient été privées de 40 000 hectares de terre au Cameroun  au profit de l'ex- société d'Etat  Socapalm passé depuis dans le portefeuille du groupe Bolloré...

[Fait également référence à Socapalm]

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24 January 2018

Afrique: quand Bolloré veut le silence sur ses activités

Auteur: La Libre Afrique

Des journalistes et ONG ont dénoncé mercredi dans une tribune les poursuites systématiques dont ils font l’objet quand ils s’intéressent aux activités du groupe Bolloré, notamment en Afrique. Le groupe a quinze procédures en cours, engagées en France et à l’étranger contre des journalistes ou ONG pour « diffamation » ou « dénigrement », selon les signataires de cette tribune, qui devancent l’ouverture d’un de ces procès jeudi à Paris.

...Le procès qui s’ouvre... à Paris oppose des journalistes et ONG à la Socfin, holding luxembourgeoise propriétaire de plantations en Afrique et en Asie dont le groupe Bolloré détient près de 40%. La Socfin attaque en diffamation les ONG ReAct et Sherpa ainsi que Le Point, Mediapart et L’Obs, qui avaient fait état, en avril 2015, de vols de terres aux riverains de ces plantations de palmiers à huile et d’hévéas. Sa filiale Socapalm attaque pour sa part les deux ONG.

...Sur une vingtaine de procédures lancées par le groupe ces dernières années, seules deux condamnations ont été prononcées, contre Libération pour la légende d’une photo et France Inter pour un reportage

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24 January 2018

Audiences des 25 et 26 janvier 2018, 17e chambre du Tribunal de Grande Instance de Paris

Auteur: Socfin

L'audience qui s'ouvre est l'occasion pour le Groupe Socfin / Socapalm de rappeler la logique et les raisons des poursuites qu'elle engage.

Les deux ONG.. ainsi que le journal ...ont attaqué dans leurs publications le Groupe Socfin / Socapalm sur des fondements inexacts, ce qu'il ne peut accepter.

...Il ne s'agit pas, dans ces poursuites, de remettre en cause la liberté de la presse, ni même de remettre en cause le droit de critiquer l'entreprise. En revanche, le Groupe Socfin n'accepte pas que des informations inexactes, issues d'enquêtes partiales, soient relayées à son encontre. Preuve de sa bonne foi, il ne demande, dans le cadre de ces poursuites, que le paiement d'un euro symbolique et la publication du jugement rétablissant la vérité.

...En ce qui concerne l'accaparement de terres, en particulier au Cameroun, ce type de pratiques est totalement étranger au Groupe.

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24 January 2018

Sherpa, React, Mediapart, Le Point, l’Observateur attaqués en diffamation par une société du groupe Bolloré, la société SOCFIN

Auteur: Sherpa

...Le 25 janvier s'ouvrira le procès de Sherpa, attaqué en diffamation par la société luxembourgeoise Socfin, pour avoir relayé un article sur les mobilisations de riverains d'exploitations d'huile de palme gérées par la Socapalm, une de ses filiales au Cameroun.

...[E]n avril 2015, un article de l’ONG ReAct était relayé par Sherpa et les médias visés, faisant état des revendications des populations camerounaises locales à l’encontre de la Socapalm, Socfin et du groupe Bolloré, notamment sur les allégations d’accaparement de terres. Alors que les problèmes fonciers ont été admis dans ce dossier notamment par le groupe Bolloré devant le Point de Contact National (PCN) de l’OCDE...c’est le terme d’ « accaparement de terres » que Socfin considère comme étant diffamatoire...

...Cette plainte semble relever d’une stratégie dite de “poursuites-bâillons” que le groupe a mis en place depuis quelques années : on compte ainsi 20 procédures initiées par Bolloré ou Socfin depuis 2009. 

... Parce que l’intérêt général est en jeu, Sherpa est à l’initiative avec d’autres ONGs et médias du collectif “On ne se taira pas!” pour se mobiliser à l’occasion de ces poursuites. Notre collectif initiera des réformes de la loi française pour qu’elle puisse, à l’instar d’autres pays, empêcher le bâillonnement et mieux protéger la liberté d’expression.

[Fait également référence à Socapalm]

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24 January 2018

Tribune : Face aux poursuites-bâillons de Bolloré : nous ne nous tairons pas !

Auteur: 50 collectifs, journalistes, médias et organisations non gouvernementales

Depuis 2009, plus d’une vingtaine de procédures en diffamation ont ainsi été lancées par Bolloré ou la Socfin en France et à l’étranger – pour contourner la loi de 1881 sur la liberté de la presse – contre des articles, des reportages audiovisuels, des rapports d’organisations non gouvernementales, et même un livre… Une cinquantaine de journalistes, d’avocats, de photographes, de responsables d’ONG et de directeurs de médias, ont été visés par Bolloré et ses partenaires...

...Au vu de leur ampleur, nous estimons que ces poursuites judiciaires s’apparentent à des « poursuites-bâillons »... En multipliant les procédures judiciaires dans des proportions inédites – quitte à les abandonner en cours de route –, le groupe Bolloré en a fait une mesure de rétorsion quasi-automatique dès lors que sont évoquées publiquement ses activités africaines. 

...Ces poursuites systématiques visent à faire pression, à fragiliser financièrement, à isoler tout journaliste, lanceur d’alerte ou organisation qui mettrait en lumière les activités et pratiques contestables de géants économiques...C’est l’intérêt général et la liberté d’expression qui sont ainsi directement attaqués. 

...Nous... apportons notre soutien aux journalistes et organisations qui comparaîtront les 25 et 26 janvier, et à tous les acteurs poursuivis dans le cadre de ces poursuites-bâillons. Des réformes devront être proposées en France pour imiter d’autres pays comme le Québec, ou certains états des Etats-Unis ou d’Australie, vers un renforcement de la liberté d’expression et une meilleure protection des victimes de ces poursuites-bâillons.

[Voir la liste des procès en cours, à venir et passés ici]

[Voir la page du collectif On Ne Se Taira Pas! ici]

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