Guinée: Les populations bénéficient peu de l'exploitation de la bauxite qui génère de la pollution et favorise la corruption, selon un analyste

Auteur: Philippe Servoz, Le Gragnd Soir (France) , Publié le: 12 September 2017

"Corruption et pollution : l’argent sale des mines guinéennes", 8 septembre 2017

La récente condamnation pour corruption de l’ancien ministre guinéen des Mines met une fois de plus le projecteur sur les dégâts provoqués par les activités des entreprises chinoises spécialisées dans l’extraction de bauxite...Une exploitation des sols qui entraîne pollution et corruption...Mahmoud Thiam a été condamné à sept ans de prison ferme aux États-Unis. L’ancien ministre guinéen des Mines...est accusé par la Justice étasunienne d’avoir bénéficié de pots-de-vin et d’avoir blanchi ses revenus illégaux sur le territoire américain. Près de 8 millions de dollars de dessous de table auraient transité sur les comptes du responsable politique africain. La corruption est l’un des nombreux fléaux suscités par le développement anarchique du secteur minier en Guinée. Deux groupes chinois sont particulièrement pointés du doigt dans cette affaire : China International Fund SA et China Sonangol. Ces derniers auraient « graissé la patte » de l’ancien ministre afin de profiter d’un traitement de faveur dans la gestion des droits d’exploitations miniers guinéens. Depuis plusieurs années, les dérives provoquées par l’économie minière se multiplient : en juillet 2017 déjà, l’agence anticorruption britannique ouvrait une enquête sur le groupe anglo-australien « Rio Tinto »...Face à la corruption et aux pots-de-vin, les dommages sociaux et environnementaux provoqués par l’extraction de bauxite ne pèsent guères. Car les ravages causés par ce secteur sont nombreux : pollution, eau contaminée, air intoxiqué, saccage de la forêt...Une activité économique qui ne profite guère aux populations locales : les entreprises chinoises embauchent peu sur place et se fournissent auprès de prestataires étrangers au lieu de collaborer avec les groupes guinéens. Une situation qui avait conduit à de véritables scènes d’émeutes en avril dernier...Des violences et des affrontements avec les forces de l’ordre par des habitants excédés de voir leur environnement et leurs conditions de vie malmenées par un secteur monopolisé par les entreprises chinoises et qui ne participe pas au développement national...Rusal a multiplié les investissements, notamment avec la construction en 2014 pour 10 millions de dollars d’un « Centre de recherche en épidémiologie-microbiologie et des soins médicaux »...Les infrastructures médicales financées par Rusal bénéficient directement aux populations.

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Entreprises concernées: China International Fund Rio Tinto RUSAL Sonangol