Centrafrique : Castel ouvre une enquête après des allégations quant au soutien financier d’une de ses filiales à des groupes armés
"En Centrafrique, une filiale du groupe français Castel accusée d’avoir soutenu des rebelles", 20 août 2021
Le géant viticole français Castel va lancer une enquête après la publication d’un rapport d’une ONG sur un soutien financier d’une de ses filiales à des groupes armés en Centrafrique en échange de la sécurisation d’une usine, selon un communiqué transmis jeudi 19 août à l’AFP, évoquant des « allégations graves ».
Pour The Sentry, une ONG spécialisée dans la traque de l’argent sale, la Sucrerie africaine de Centrafrique (Sucaf RCA), filiale de la Société d’organisation, de management et de développement des industries alimentaires et agricoles (Somdiaa, elle-même contrôlée à 87 % par le groupe Castel), a « négocié un arrangement sécuritaire » avec notamment l’Unité pour la paix en Centrafrique (UPC), un groupe armé accusé d’exactions, pour « sécuriser l’usine et les champs de canne à sucre » et « tenter de protéger le monopole de la société ».
« La direction générale de Castel a pris connaissance des allégations graves portées le 18 août à l’encontre de Sucaf RCA, filiale centrafricaine de Somdiaa, dont Castel est actionnaire », a déclaré le groupe dans un communiqué, affirmant avoir « saisi son comité d’éthique dans le but de diligenter immédiatement une enquête, conformément à ses procédures internes ». Castel a assuré que le groupe « communiquera sur l’issue de cette enquête »...
...« Il n’existe à notre connaissance aucun arrangement passé par la direction de Sucaf RCA et aucun soutien d’aucune sorte n’a été fourni », avait réagi auprès de l’AFP Alexandre Vilgrain, président de la Somdiaa.
« La décision du groupe Castel d’ouvrir une enquête est une première étape bienvenue », a déclaré à l’AFP Nathalia Durkhan, chercheuse à The Sentry, spécialiste de la Centrafrique : « Nous encourageons le groupe à mener une enquête ouverte, transparente et indépendante. »...
Selon The Sentry, le chef de ce groupe armé, Ali Darassa, et celui qui était alors son numéro deux, Hassan Bouba, principaux bénéficiaires de cet « accord tacite » avec la Sucaf RCA, sont responsables de l’attaque d’un camp de déplacés à Alindao, en novembre 2018, qui a entraîné la mort d’au moins 112 personnes, dont 19 enfants.